I.1. Quatre directions d’ANR

1. ANR APPI. Atlas pan-picard informatisé (responsable scientifique : Esther Baiwir)

Le projet APPI, qui débutera en janvier 2018 (durée : 36 mois), a été sélectionné dans le cadre de la campagne “AAP générique 2017”. Il a pour objectif d’interroger la possibilité d’une intégration des atlas linguistiques et ethnographiques de France dans le chantier international de digitalisation et de mise en réseau des ressources lexicographiques, en étudiant les modalités les plus efficaces de leur numérisation et de leur mise en réseau. L’étude se focalise sur l’exemple du dialecte picard, particulièrement intéressant parce qu’il s’étend sur la France et la Belgique, qui l’ont traité différemment de part et d’autre de la frontière.

Il s’agira d’abord de créer un corpus atlantographique pan-picard, réunissant et homogénéisant pour la première fois l’ensemble des matériaux dialectaux picards recueillis lors des enquêtes réalisées au XXe siècle, soit l’atlas linguistique de la partie française du domaine picard (l’ALPic) et la portion de domaine picarde traitée dans l’atlas linguistique de la Wallonie (l’ALW). Ensuite, ce corpus issu des atlas sera transformé en une ressource numérique atlanto-lexicographique, en situant les données dialectales dans l’histoire des familles lexicales telles qu’elles sont décrites par le Französisches Etymologisches Wörterbuch.

Les chercheurs en linguistique française et romane ainsi que les locuteurs picards et les amateurs éclairés bénéficieront ainsi d’un accès facilité aux données picardes. Il en va de la sauvegarde et de la visibilité du patrimoine linguistique dialectal. La lexicographie numérique profitera quant à elle d’un laboratoire permettant de tester un modèle de mise en réseau de ressources lexicographiques au moyen de l’étymologie des mots, modèle qui, s’il est concluant, pourra être proposé pour une mise en réseau plus large des ressources pan-romanes.

2. ANR Phoebus – Balzac hypertexte (direction Andrea Del Lungo, Alithila, 2015-2019, en partenariat avec le CELLF (Centre d’Études de la Langue et de la Littérature Françaises) de l’Université Paris 4 Sorbonne et le LIP6 (Laboratoire d’Informatique de Paris 6) de l’Université Pierre et Marie Curie.)

Le projet consiste à mettre en résonance l’ensemble de l’œuvre balzacienne (La Comédie humaine, les romans de jeunesse, les contes drolatiques, le théâtre et les œuvres diverses) avec un vaste corpus d’écrits contemporains, à aires culturelles multiples et de nature variée, qui ont pu la nourrir : œuvres romanesques d’autres auteurs de l’époque ; recueils collectifs de littérature panoramique (auxquels Balzac apporta des contributions) ; ouvrages scientifiques susceptibles d’avoir influencé la création balzacienne, notamment dans les domaines de la médecine, de la physiologie et des sciences naturelles. Son objectif est de permettre des recherches et des comparaisons intertextuelles élaborées, à l’intérieur de l’œuvre de Balzac, et dans le corpus plus vaste de textes littéraires et scientifiques de l’époque, entre 1800 et 1850, afin de faire émerger des correspondances, de repérer des emprunts, des citations, des reprises, des plagiats éventuels, et de constituer ainsi une cartographie de l’univers intellectuel de Balzac à partir des traces que d’autres textes ont laissées dans l’œuvre. La finalité du projet est donc de réaliser un objet scientifique nouveau en termes de méthode et de corpus : une édition génétique et hypertextuelle de Balzac, que personne n’a encore procurée à ce jour, comprenant une bibliothèque virtuelle constituée d¹ouvrages qui appartenaient à son univers intellectuel.

Cette édition sera accessible dans un site dédié, présentant trois manières d¹utilisation : une visualisation générale sur le mode d’une cartographie, donnant des informations d’ordre statistique et quantitatif ; un déroulement linéaire permettant d’accéder à la comparaison entre les textes sources et les textes cibles par un système de double fenestrage ; la lecture intégrale d’une œuvre de Balzac, en « feuilletant » un texte dont les parties qui présentent des homologies avec d’autres textes seraient signalées. Il va sans dire qu’une fois testée sur Balzac, cette approche pourra être généralisée à bien d’autres auteurs du patrimoine. Une première réalisation du projet Phoebus est le site internet ebalzac.com, ouvert en mai 2017, qui propose en libre accès une édition électronique de La Comédie humaine d’Honoré de Balzac (et à terme de l’œuvre complète de l’auteur), ainsi que des outils d’interrogation textuelle particulièrement innovants dans le domaine des humanités numériques.

3. ANR Mythalexandre (C. Gaullier-Bougassas, avec E. Picherot : 5 ouvrages publiés aux éditions Brepols).

Direction d’une équipe de recherche CPER et ANR : Direction d’un programme international de recherches sur « La création d’un mythe d’Alexandre le Grand dans les littératures européennes (XIe-début du XVIe siècle » : Programme soutenu comme projet émergent par la Maison européenne des sciences de l’homme et de la société (MESHS) en 2008, retenu en novembre 2008 par le Contrat Projet État Région (CPER, financement 2009 et 2010), soutenu par le BQR de l’Université de Lille 3 en 2009; projet sélectionné (sous une forme élargie) par l’ANR, dans le cadre du programme blanc 2009 et financé pour une durée de 4 ans (septembre 2009-septembre 2013) : projet ANR-09-BLAN-0307-01.

2. Organisation de 12 ateliers de travail de l’équipe ANR, pour la rédaction de l’ouvrage collectif La Création d’un mythe d’Alexandre dans les littératures européennes (XIe-début du XVIe siècle), qui paraîtra chez Brepols (remise du manuscrit en 2013).

3. Accueil en délégation auprès du CNRS et de la MESHS (dir. Fabienne Blaise), USR 3185 de septembre 2010 au 1er mars 2012.

4. ANR Eurolab. Dynamique des langues vernaculaires dans l’Europe de la Renaissance. Acteurs et lieux / Dynamik der Volkssprachigkeit im Europa der Renaissance. Akteure und Orte. (Responsable scientifique : E. Kammerer)

Projet de recherche franco-allemand co-financé par l’ANR et la DFG, 2010-2013 http://eurolab.meshs.fr

Dans le contexte actuel des débats sur le profil culturel de l’Europe, le projet a pour objectif de mieux comprendre comment, entre la fin du XVe et le début du XVIIe siècle, les différentes langues européennes se sont élaborées comme langues de savoir, d’art et de communication. Tout en s’enracinant dans la recherche menée depuis longtemps sur l’histoire des langues nationales, ce projet adopte une nouvelle perspective, qui n’est ni totalisante (étude du développement général de la langue qui s’est finalement imposée comme langue nationale), ni téléologique (intérêt exclusif pour les processus qui ont contribué à ce développement), ni globale (comparer « le français » avec « l’allemand » et « l’italien »). Il se concentre au contraire sur des lieux particuliers dans lesquels différents acteurs expérimentent les langues vernaculaires; il fait droit à des expérimentations dont les résultats restèrent parfois provisoires ; il s’intéresse à des constellations historiquement et géographiquement situées. Ces « laboratoires » naissent de la confrontation entre plusieurs langues et plusieurs cultures : lieux de frontières, d’échanges culturels intensifs, de collaboration entre individus ou groupes d’individus aux différentes orientations professionnelles et intellectuelles. Pour garantir la faisabilité du projet, nous nous concentrons sur trois types de « laboratoires » exemplaires, qui ne sont assimilables à aucun pays particulier et présentent ainsi, au-delà des situations particulières de chaque lieu, des phénomènes similaires, analysables à l’échelle européenne : les ateliers d’imprimeurs, les réseaux professionnels (militaire et commercial), les centres de plurilinguisme (cours princières, métropoles plurilingues).

I.2. Projets ANR dans lesquels sont intégrés des membres de l’équipe

Simona Girléanu (docteur ALITHILA) : membre du projet ANR « Sciences et capitales européennes (2006-2009) revisiter les origines de l’espace public des savoirs (XVIIe–XVIIIe siècle) » ; équipe pluridisciplinaire (histoire des sciences, histoire culturelle, histoire de l’art), responsable du projet : Stéphane Van Damme, Professeur d’histoire moderne, Institut d’études politiques, Paris (présentation du projet : http://sciencescites.hypotheses.org/33-2)

Simona Girléanu est également depuis juin 2012, ingénieur de recherche à l’Université d’Artois dans le cadre du projet ANR « Histoires croisées au XIXe siècle : histoire des sciences du point de vue de la littérature, histoire de la littérature du point de vue des sciences », dirigé par Anne-Gaëlle Robineau-Weber, Professeur, Université d’Artois.

Fiona McIntosh-Varjabédian, Joëlle Prungnaud, Emilie Picherot, Jessica Wilker collaborent au projet ANR d’Histoire de la Traduction en Langue Française, initié par Yves Chevrel, Jean-Yves Masson, Christine Lombez et Lieven d’Hulst, direction du chapitre « Historiens XIXe siècle ».

Emilie Picherot participe au groupe « Mythalexandre » dirigé par Catherine Bougassas projet financé par l’ANR (2011–2012).voir http://mythalexandre.meshs.fr/

Elle est aussi secrétaire du groupe « récits d’Orient en Occident » dirigé par Anne Duprat à Paris iv-Sorbonne, projet ANR retenu pour 2007–2010 sur la Course en Méditerranée et son traitement dans les documents et les fictions (participation scientifique et gestion matérielle : coordination du pôle d’études sur les littératures cryptées – Marranes et Morisques)http://www.crlc.paris4.sorbonne.fr/pages/equipes/eq-aduprat.html