Grade : Maître de conférences en littératures francophones

Établissement public d’affectation statutaire ou d’exercice : Université Lille 3

  • Membre associée du Centre d’Études des Littératures et Langues Anciennes et Modernes (CELLAM) de l’Université Rennes 2 et membre associée du laboratoire Héritages et Constructions dans le Texte et l’Image (HCTI) de l’Université de Bretagne-Sud
  • Membre du Conseil International d’Études Francophones (CIÉF)
  • Membre de Figura – Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire, Université du Québec À Montréal (UQÀM)

Thématiques de recherche :

  • Écriture de l’histoire immédiate dans les littératures postcoloniales
  • Fictions du témoin, théories du témoignage
  • Fictions du bourreau
  • Écriture des conflits guerriers
  • La figure de l’enfant-soldat

Points forts de mes activités de recherche :

Agrégée de Lettres Modernes et maître de conférences en littératures francophones, j’ai travaillé dans le cadre d’une thèse comparatiste sur la figure de l’enfant-soldat dans les littératures africaines anglophones et francophones. Mes intérêts de recherche se portent sur l’écriture fictionnelle de l’histoire immédiate, sur les fictions du bourreau, sur l’écriture de la violence et des conflits guerriers dans les littératures postcoloniales.

  • Doctorat de Littérature Générale et Comparée : Visions de l’enfant-soldat : Construction d’une figure dans les littératures africaines, sous la direction de M. Emmanuel Bouju, Professeur à l’Université Rennes 2 et sous la co-direction de M. Isaac Bazié, Professeur à l’Université du Québec à Montréal.

Thèse soutenue le 25 novembre 2016 à l’Université Rennes 2 devant le jury suivant :

– M. Isaac BAZIÉ, Professeur à l’Université du Québec à Montréal, co-directeur ;

– M. Emmanuel BOUJU, Professeur des universités (section 10) à l’Université Rennes 2, directeur ;

– Mme Catherine COQUIO, Professeur des universités (section 10) à l’Université Paris-Diderot, Paris 7, rapporteur ;

– Mme Isabelle DURAND, Professeur des universités (section 10) à l’Université de Bretagne-Sud ;

– M. Romuald FONKOUA, Professeur des universités (section 9) à l’Université Paris-Sorbonne, rapporteur et président de jury ;

– Mme Yolaine PARISOT, Maître de conférences (section 10) à l’Université Rennes 2.

Mention très honorable [les félicitations du jury ne sont plus en vigueur à l’Université Rennes 2 mais, le cas échéant, elles auraient été accordées à l’unanimité]

Présentation de la thèse :

« Visions de l’enfant-soldat : Construction d’une figure dans les littératures africaines »,  640 pages, consultable en ligne : http://www.theses.fr/2016REN20037

Personnage de l’entre-deux mettant à mal les frontières communément admises entre l’enfance et l’âge adulte, entre la puissance et la vulnérabilité, entre la victime et le bourreau, l’enfant-soldat fascine notre contemporanéité. Il n’est donc guère étonnant de le voir devenir un personnage littéraire. Mais plus qu’un personnage, l’enfant-soldat s’est imposé comme une figure : une figure plurielle, historique, médiatique, culturelle, artistique et in fine romanesque.  Comment définir la figure ? Si l’enfant-soldat est un objet labile, ce concept ne l’est pas moins. C’est en m’inscrivant dans une ligne sémiotique que  j’ai montré que l’enfant-soldat n’est pas seulement une réalité factuelle, ni un personnage littéraire, mais une figure, tant dans la charge symbolique qu’il charrie que dans la manière dont il se fait image et, surtout, instance de médiation entre le sujet et le monde.

Pour tenter de comprendre le fonctionnement de la figure de l’enfant combattant, son dynamisme propre, j’ai cherché, dans la première partie de ma thèse, à en décrypter les signes, à en déchiffrer les attributs topiques et iconographiques. Dès lors, il était indispensable de  passer par une série de domaines exogènes à la littérature et en dehors de mon propre champ de compétence (tels que l’anthropologie, le droit, le journalisme, etc.) qui, tous, s’étaient approprié ce personnage. J’ai ainsi pu repérer un répertoire de significations dans lequel la littérature peut piocher, contre lequel elle peut s’ériger, et surtout qu’elle peut dépasser et réinventer en manifestant ses pouvoirs. Piocher, s’ériger contre, réinventer, telle est la dynamique de construction de la figure de l’enfant-soldat que j’ai nommée dans la première partie de ma thèse : figurer, dé-figurer et re-figurer.

Loin de simplement prolonger la figure médiatique de l’enfant-soldat, loin de miser uniquement sur la violence de son hybridité, les romans africains anglophones et francophones (les onze romans qui constituent mon corpus primaire représentent l’intégralité de la production romanesque africaine choisissant de faire de l’enfant-soldat un personnage central) construisent une figure de témoin. C’est ici que s’est joué le renversement majeur autour duquel j’ai articulé mes deux parties : celui qui consiste à ne pas seulement faire porter des visions sur l’enfant-soldat mais faire de lui un sujet de vision. Ces visions, voire ces contre-visions de l’enfant-soldat sur l’histoire immédiate, ont donné l’impulsion à la seconde partie de ma thèse.

Si la première partie de l’étude a pris le parti d’une approche sémiotique de l’enfant-soldat et de sa figure ; la seconde, dans sa vocation taxinomique, est notamment redevable à la linguistique d’Émile Benveniste dont le « vocabulaire » a constitué un biais pour ouvrir des possibles de sens dans les théories du témoignage. Cette étude n’a pas eu la prétention de renouveler ces théories mais de les confronter à mon objet d’étude, pour les décaler, parfois, face à un objet lui-même en décalage sous plusieurs aspects : le contexte singulier des guerres civiles (qui ne saurait être lissé derrière des enjeux spécifiques à la Shoah à l’aune desquels nombre de ces théories ont été forgées) ; le caractère non univoquement victimaire de la figure de l’enfant combattant ; le cadre pragmatique fictionnel au sein duquel l’auteur n’est pas un témoin.

L’enfant-soldat du corpus est alors apparu comme une figure diffractée entre différents contours de témoins (martus, testis, superstes, témoin intégral) et différents champs (juridique, historiographique, éthique). Au sein de la littérature, il est une figure plurielle actualisant des catégories pensées en dehors de la littérature, le plus souvent comme exclusives les unes des autres. Mais s’il les a actualisées, il n’a cessé également de les déborder, de les excéder.  En quoi résidait alors la spécificité romanesque de l’enfant-soldat témoin ? C’est sous les traits de l’arbiter, figure testimoniale liée au discernement, que j’ai moi-même essayé de la discerner dans le dernier chapitre de ma thèse. L’arbiter, c’est le témoin de l’invisible, de la marge, c’est aussi le témoin de l’entre-deux, autant de caractéristiques qui ont permis d’approcher la spécificité de l’enfant-soldat témoin. Mais l’arbiter, c’est aussi celui qui peut faire preuve de libre-arbitre et c’est en cela que les œuvres du corpus ont pu s’interpréter comme des romans parrèsiastiques (Michel Foucault, Le Gouvernement de soi et des autres, Cours au collège de France 1983-1984 : Le courage de la vérité). Convoquer la parrêsia a été un moyen de penser la parole testimoniale de l’enfant-soldat, non plus seulement sur les scènes historiographique ou éthique, mais aussi sur la scène politique. La violence de la figure de l’enfant combattant devient la condition de l’efficience de sa parole, de sa parole parrèsiastique, venant, comme un griot, comme un prophète, éclairer notre présent de ses visions. L’enfant-soldat arbiter est un témoin qui surgit du cœur de l’invisibilité pour faire porter sa voix et celle de ceux qui n’ont pas survécu pour crier, lui, une vérité politique. Les romans du corpus ont alors été envisagés comme des romans politiques, ou plutôt comme des romans qui construisent, pour et par l’enfant-soldat, une nouvelle polis, une polis littéraire où sa parole a droit de séjour.

Je souhaite, dans les années qui viennent, prolonger mon exploration de la figure de l’arbiter, parent pauvre des théories du témoignage, dans les littératures francophones postcoloniales en ne me restreignant pas à la figure de l’enfant combattant. Il s’agira ainsi de s’interroger sur l’alèthurgie – pour parler en termes foucaldiens – spécifique que cette catégorie testimoniale permet pour des fictions prenant le parti de dire l’Histoire par des êtres de la marge, impliquant de prêter une attention particulière aux rapports qui unissent littérature et politique, et ce d’autant plus quand la littérature se confronte à certaines zones troubles en termes éthiques, à des lieux d’incertitude et de violence.

Publications

 

  • Direction d’ouvrage collectif (revue à comité de lecture)

 

1) Marie Bulté, Yolaine Parisot et Jeanne Vauloup (dir.), L’Urgence, Revue Ad hoc n°2, juin 2013, [revue numérique] URL : http://www.cellam.fr/?page_id=841.

INTRODUCTION :

– Marie BULTÉ, « Puissance de l’urgence : éthique et esthétique de la représentation »

DOSSIER CENTRAL :

– Marie Demestre, « La filiation des postures, de romancier à intellectuel impliqué dans l’Histoire : le cas du printemps arabe égyptien »

–  Tiphaine Martin, « S’écrire en écrivant l’Histoire : Les mémoires de Simone de Beauvoir »

– Ramon Fonkoué, « Édouard Glissant face à l’histoire : de l’urgence « insulaire » à l’éthique du tout-monde »

– Chloé Chaudet, « Le Voyage d’hiver de Peter Handke ou le témoignage immédiat d’un écrivain face à la presse ouest-européenne »

– Clément AUGER, « De l’urgence à la satire ancienne : autour d’une littérature en rapport avec l’événement »

– Clara Hédouin, « Urgence et Permanence : L’équation paradoxale du théâtre de Gwenaël Morin »

– Olivier MOREL, « Le débraillé de l’improvisation et la patience du génie. Quand les « graphic novelists » saisissent la vague des urgences de l’époque »

ENTRETIENS ET COMPTES RENDUS :

– Marie BULTÉ, Entretien avec Emmanuel DONGALA

– Marie BULTÉ, Compte rendu de Marie ESTRIPEAUT-BOURJAC, L’Écriture de l’urgence en Amérique Latine

– Alexis CATUHE, Compte rendu de Bruno GUICHARD, Julien HAGE et Alain LÉGER (dir.), François Maspero et les paysages humains

 

 

  • Contribution à un ouvrage collectif

 

2) Marie Bulté, « Enjeux de la voix narratoriale de l’enfant-soldat dans trois romans africains » dans Philip Amangoua Atcha, Adama Coulibaly et Roger Tro Deho (dir.), Je(ux) narratif(s) dans le roman africain, Paris, L’Harmattan, coll. “critiques littéraires”, 2013, pp. 193-210. [cet article sera communiqué en cas d’audition]

 

  • Article publié dans une revue à comité de lecture international

 

3) Marie Bulté, « L’enfant-soldat : la puissance d’un témoin », Voix Plurielles, Vol. 11, n°2, 2014, pp. 82-91, URL :

https://brock.scholarsportal.info/journals/voixplurielles/article/view/1103.

L’obtention du prix de la meilleure communication jeune chercheur lors du colloque de l’APFUCC, du 25 au 28 mai 2014 (St. Catharines, Canada) a donné lieu à cette publication dans la revue Voix Plurielles.

 

  • Articles publiés dans une revue à comité de lecture

4) Marie Bulté, « Puissance de l’urgence : éthique et esthétique de la représentation », L’Urgence, Revue Ad hoc n°2, « Introduction », juin 2013, URL : http://www.cellam.fr/?p=4129.

 

5) Marie Bulté, « (Re)présentation spectaculaire de l’histoire immédiate africaine dans des romans postcoloniaux », Le Spectaculaire, Revue Ad hoc n°1, juillet 2012, URL : http://www.cellam.fr/?p=3166.

 

  • Articles publiés dans des actes de colloque

6) Marie Bulté, « L’enfance face à l’Histoire », dans Kodjo Attikpoé (dir.), Poétiques de l’enfance, Perspectives contemporaines, Paris, L’Harmattan, 2017, pp. 105-124.

Publication des actes Colloque international « Poétique de l’enfance : perspectives contemporaines » à l’occasion du 80e Congrès de l’ACFAS (Association francophone pour le savoir), Montréal, Canada, 9 mai 2012.

7) Marie Bulté, « Écrire la guerre civile dans Johnny Chien Méchant d’Emmanuel Dongala et Beasts of no Nation d’Uzodinma Iweala : le refus du référent », dans Fiona Mcintosh-Varjabédian, Norah Giraldi dei Cas, Joëlle Prungnaud et Toshio Takemoto (dir.), Écrire la guerre, Écrire le conflit, Lille, Presses Universitaires Septentrion, collection « UL3 », 2016, pp. 199-209.

Publication des actes du Symposium international « Écrire la guerre, Écrire le conflit » qui s’est tenu les 16 et 17 novembre 2012, Université des Sciences Humaines et Sociales, Lille 3.

8) Marie Bulté, « Faire l’histoire immédiate, faire le roman de l’histoire immédiate : double dispositif dans Le Passé devant soi de Gilbert Gatore », dans Yolaine Parisot et Charline Pluvinet (dir.), Pour un récit transnational. La fiction au défi de l’histoire immédiate, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2016, pp. 43-55.

Publication des actes du Congrès de l’AILC (Association internationale de littérature comparée) qui s’est tenu du 18 au 24 juillet 2013, Université de Paris-Sorbonne.

 

  • Compte rendu et entretien publiés

 

9) Marie Bulté, « L’urgence de témoigner », compte rendu de lecture de Marie Estripeaut-Bourjac (L’écriture de l’urgence en Amérique Latine), L’Urgence, Revue Ad hoc n°2, juin 2013, URL : http://www.cellam.fr/?p=4137.

 

10) Marie Bulté, « L’urgence dans Johnny Chien Méchant (2002), Entretien avec Emmanuel Dongala », L’Urgence, Revue Ad hoc n°2, juin 2013, URL : http://www.cellam.fr/?p=4154.

 

  • Communications non publiées

 

  • 6 juin 2018 – « Crise de la démocratie africaine et isêgoria romanesque : du blabla des politiciens à celui de l’enfant-soldat », Congrès mondial du CIÉF (Conseil International d’Études Francophones), La Rochelle.

 

  • 20 mars 2018 – « Quand la vérité s’évanouit, quand le mensonge de la fiction tue : la vie impossible dans Le Passé devant soi de Gilbert Gatore», Journée d’étude des littératures francophones « Vérités, mensonges, falsifications », Université de Lille.

 

  • 15 février 2018 – « Le personnage romanesque de l’enfant-soldat africain : un témoin clandestin », Séminaire de la faculté des Humanités, Université de Lille.

 

  • 14 octobre 2016 – « Guerre civile et essentialisation identitaire, réflexion sur la   communauté », Séminaire du laboratoire HCTI, « Le communautarisme, vers la formation d’une identité », Université de Bretagne-Sud.
  •  27 mai 2016 – « L’enfant-soldat, le guerrier griot », Congrès mondial du CIÉF (Conseil International d’Études Francophones), Saly-Portudal, Sénégal.
  • 24 juin 2015 – « De l’hybride à l’hubris ou quand la figure violente de l’enfant-soldat éprouve la puissance de la littérature », Colloque international du Groupe Phi « Pouvoir, puissance, force de la littérature. De l’energeia à l’empowerment », Université Rennes 2. [à paraître aux Presses Universitaires de Rennes, sous la  direction d’Emmanuel Bouju, de Yolaine Parisot et de Charline Pluvinet]
  • 4 juillet 2014 – « Guerre civile et exil : poétique de l’errance chez Wilfried N’Sondé et Abdourahman A. Waberi », Congrès mondial du CIÉF (Conseil International d’Études Francophones), San Francisco, États- Unis. Récipiendaire du Prix Jeune Chercheur.
  • 6 décembre 2012 – « Les Aubes écarlates de Léonora Miano : contre l’oubli de l’Histoire, des archives à réinventer », Séminaire du laboratoire ALEF : « De l’œuvre à l’archive, de l’archive à l’œuvre », session « L’archive comme invention », Université Rennes 2.
  •  26 janvier 2012 – « La fiction du témoignage face à l’histoire immédiate : le personnage  de l’enfant-soldat dans les littératures africaines postcoloniales», Journée des Doctorants du CELLAM, Université Rennes 2.

 

PUBLICATIONS EN PRÉPARATION

 

  • Direction d’ouvrages collectifs

1) Marie Bulté, Romain Courapied, Simon Daniellou et Dimitri Kerdilès (dir.), Archive(s) et création(s).

Je co-dirige les actes des différents séminaires et journées d’étude articulés autour de la notion d’archive du Groupe de recherche ALEF (Université Rennes 2). Le manuscrit est achevé et sera publié à la rentrée 2018 dans la Revue TransversALL (revue à comité de lecture).

2) Co-direction avec Isabelle Durand et Patricia Victorin des actes du Colloque international « Figures de l’étudiant du Moyen Âge au XXIe siècle, entre communauté et marginalité ».

Le colloque s’est tenu à l’Université de Bretagne-Sud les 1er et 2 décembre 2016. La publication est envisagée au Presses Universitaires de Rennes.

  • Publication de la thèse

Le manuscrit tiré de ma thèse « Visions de l’enfant-soldat : Construction d’une figure dans les littératures africaines », soutenue le 25 novembre 2016 à l’Université Rennes 2, sera publié aux Presses Universitaires de Rennes.

La collection « Plurial » est envisagée, collection consacrée dès sa création aux littératures et civilisations francophones.